• Schnock | 2023

Schnock n° 47,
juin 2023


Véronique en couve de Schnock, enfin !
 
Pour ceux – et à ma grande surprise, ils sont encore assez nombreux – qui ne connaissent pas Schnock, un peu d’histoire : créé il y a plus de 10 ans, Schnock est un trimestriel à mi-chemin entre le livre et le magazine – ce qu’on appelle un mook – plutôt iconoclaste. On l’achète même si on n’est pas dingue de l’artiste en couverture parce qu’il y a indéniablement un ton Schnock, une esthétique Schnock (ah, cette maquette…). On dit fréquemment d’un truc un peu décalé et vintage que “c’est complètement Schnock…” et sur Twitter on voit passer le #schnock à tout bout de champ. Bref, un incontournable.
 
Il aura donc fallu laisser passer 46 numéros, parmi lesquels de légitimes schnocks (Marielle, Bedos, Coluche, Gainsbourg, etc.) mais aussi Sardou, Vartan ou encore les Inconnus… Il y a quelques années, on avait croisé Alister (rédac chef de Schnock) à une soirée de lancement du temps où ils en faisaient encore. Mathieu Rosaz nous avait présentés et il avait clamé tout son amour pour la musique de Véronique et son souhait de la mettre très vite en couve, mais on ne voyait rien venir…
…quand soudain, début juillet 2022, ce message de l’ami Baptiste Vignol (déjà responsable d’un Tout Véronique Sanson chez Gründ l’année dernière) : Véronique allait faire la couve du numéro de juin 2023 – Alléluia ! – et il proposait dans la foulée une association de bienfaiteurs : ficeler le dossier ensemble, conduire les interviews, et écrire un ou deux articles en sus. Revenait instantanément l’excitation de l’époque d’Harmonies, à 40 ans d’intervalle ! Un plan de bataille fut proposé et accepté par Alister. Restait plus qu’à prendre des rendez-vous et affuter nos stylos. 
 
Triel, 2 h du mat’, 31 mai 2023 © LC
 
Top départ 6 mois plus tard, début janvier. Grâce au contact d’un ex-cadre WEA, j’ai enfin pu parler à Benoit V. Gauthier, l’un des 2 hommes qui a accompagné Véronique en février 73 dans cet aller simple Paris-New York qui fait tant jaser encore aujourd’hui. Par manque de temps, on n’avait pas pu le faire en 2014 lors de l’écriture des Années américaines. Pour ne rien vous cacher, l’homme ayant la réputation d’être passablement cash, je redoutais quelque peu l’appel mais les gens qui disent ce qu’ils pensent (et réciproquement), finalement c’est formidable. Il était surpris de l’intérêt encore porté à cette histoire, arguant, bougon, que “Sanson et Stills, c’est quand même pas Stockhausen”. On est bien d’accord, il n’empêche qu’Alain Salvati n’étant plus là et Véronique n’ayant pas gardé des tonnes de souvenirs de cette époque, son témoignage nous intéressait…

Chronologiquement vînt ensuite le 26 janvier où on a retrouvé Bernard Swell dans le café de cet hôtel Grand amour, rue de la Fidélité – symbole qui n’avait échappé à personne. Swellito, comme l’appelle affectueusement Véronique, est en pleine forme et sa mémoire intacte. On a bu des litres de thé et il nous a raconté de quoi faire un article bien plus long que les deux pages publiées, mais le dossier totalisant 86 pages, de difficiles choix éditoriaux ont dû être faits en amont…
 
 

Le lendemain, ce fut le plat de résistance du dossier, avec une drôle de feuille de route : une interview de Véronique qui n’en serait pas tout à fait une (elle était alors en pleine promo de sa tournée – aux salles pourtant bien remplies – et passait ses journées à répondre aux mêmes sempiternelles questions). Le deal était donc une conversation informelle autour d’un dîner – rosbif, pommes de terre sautées et haricots verts en l’occurrence – sans passer par les attachées de presse. À l’arrivée, un pur moment, sans pression, sans stress, dans la cuisine d’abord, puis  dans la salle à manger, dans le salon et enfin dans sa salle de bains : Véronique, n’ayant toujours pas trouvé de réponse à la question de savoir pourquoi les hommes ne se maquillent pas, décida tout de go de tester son mascara et ses crayons sur nos yeux fatigués vers 2 h 1/2 du mat’… La séance de make-up fut d’une grande clownerie sauf que quand on se fait maquiller – par Véronique Sanson comme par qui que ce soit – faut pas bouger d’un cil, a fortiori pas se marrer… On  monta finalement se coucher au petit jour, les yeux charbonneux… 
Fin mai, on lui apportait le numéro imprimé mais on n’allait se coucher cette fois-ci – petits joueurs – qu’à 4 heures…
 

 
Un mois après, le 28 février, nous attendait une rude journée : deux interviews, et sans la moindre transition. Rendez-vous d’abord au Scossa, place Victor Hugo, pour déjeuner avec le délicieux François Bernheim, qu’on ne voit pas assez souvent. Inconvénient mineur : l’endroit devenant vite assez bruyant, il faudra tendre l’oreille pour retranscrire ses propos. 
 

 
Enchainement direct (et à deux pas) avec Christopher Stills au 5e étage familial. Un Titou pile à l’heure, rentré spécialement de Triel pour nous. Avant de partir, il avait embrassé sa mère qui lui avait reproché de ne pas être rasé… mais il l’avait rassuré : on ne ferait pas de photos, juste quelques instagrammables… Grosse frustration tout de même à l’arrivée dans la mesure où il a raconté infiniment plus de choses que ce qui reste dans la double page, ainsi qu’une légère déception pour lui qui espérait pouvoir parler davantage de sa musique même s’il savait que l’interview n’était pas pour Rock & Folk mais bien pour un Schnock consacré à son illustre môman… On a causé TikTok à la fin et si vous en êtes, il y est aussi sous le nom de MyHatLikesYouBack en référence à tous les gens qui lui disent qu’il aiment son chapeau !
 
 
Entre temps, la rédaction de l’article sur le départ à New York en février 73 avançait mais nous souhaitions y ajouter les mots de Nicoletta – ce qui fut fait par téléphone le 8 mars. Baptiste avait déjà son contact et, pour la petite histoire et suite à un petit quiproquo, elle a cru tout au long de notre conversation que c’était lui qui l’appelait – je ne m’en suis rendu compte qu’à la fin et n’ai pas jugé utile de lui dire que je n’étais pas celui qu’elle croyait…

Last but not least, Violaine, interviewée en vidéo le 4 avril sur un créneau miraculeusement trouvé dans ses journées toujours aussi remplies. Là aussi, un bon moment !

La dernière interview du dossier est celle de Bernard de Bosson, alias B2B, réalisée par Baptiste en 2022 lors de la préparation de son livre chez Gründ : 12 pages truculentes où on retrouve l’inimitable façon de s’exprimer du (grand) bonhomme. Très schnock, pour le coup !
 
En ce qui concerne l’article sur la correspondance en chansons entre Véronique et Michel Berger, comme il est précisé en bas de page, il a pu être rédigé grâce à l’extraordinaire travail de fond établi par Yann Morvan, collègue en véronicologie. Son analyse in extenso est à lire ici
 
Qu’ajouter ? Sinon que travailler avec Baptiste a été un pur bonheur. Les échanges ont été fluides et son regard (bleu, maquillé ou pas), un peu plus extérieur que le mien sur le cas de la tornade blonde, a été précieux. On a découvert ensemble ce qu’avait écrit Alister une fois les fichiers partis à l’impression. Il avait juste annoncé qu’il ne pouvait pas se contenter d’un Top 10 : “C’est Sanson quand même les gars,  je vais faire un Top 20”. Rappelons à toutes fins utiles qu’il est l’heureux auteur d’une hilarante Anthologie des bourdes et autres curiosités de la chanson française (récemment parue dans une nouvelle édition augmentée) qui devrait figurer sur toutes les belles étagères…
 
Et la couverture ? En règle générale – et c’est un lecteur de Schnock depuis le début qui vous parle – je trouve que les illustrations d’Erwann Terrier ne ressemblent pas forcément à l’artiste croqué mais permettent toujours une identification immédiate, ce qui est tout de même le but. Celle-ci ne fait pas exception.
   
 


Sommaire complet du Grand Dossier :

p. 24 Véronique Sanson : « J’aurais voulu avoir un silencieux » par Laurent Calut et Baptiste Vignol

p. 40 Violaine Sanson : « La gentille Violaine, bien sage, bien chiante, et la rebelle Véro » par Laurent Calut et Baptiste Vignol

p. 48 François Bernheim : « Véro était souvent en retard… Déjà… » par Laurent Calut et Baptiste Vignol

p. 56 Le Petit Sanson illustré par Karelle Fitoussi et Christophe Ernault

p. 68 « Y a pas de doute, faut que je m’en aille » ou la véritable histoire du départ en Amérique par Laurent Calut

p. 76 D’un papillon à une étoile (et inversement), la correspondance Berger-Sanson par Laurent Calut

p. 80 Top 20 Véronique Sanson par Alister

p. 86 Bernard Swell : « Il y a une vraie gémellité entre nous » par Laurent Calut et Baptiste Vignol

p. 88 Christopher Stills : « Dans la rue, on me dit : “j’ai grandi avec votre mère” et je réponds : “moi aussi” » par Laurent Calut et Baptiste Vignol

p. 90 Les sansonismes par Alister

p. 96 Colette Sanson : « Je m’intéresse à la numismatique grecque » par Laurent Calut

p. 100 Bernard de Bosson : « J’entends un piano, puis une voix, et instantanément je fonds en larmes » par Baptiste Vignol
 
 

Merci à Émilie Mazoyer de France Bleu
pour sa chronique du 9 juin 2023

 
 
Ce qui s’écrit dans un magazine dans le contexte d’une interview y reste rarement bien longtemps de nos jours. Alister l’a relevé avec humour sur Twitter :


En annexe, la liste des corrections à apporter en cas de réimpression (ce qu’aux dieux ne plaise) :

• page 25 : photo Isabelle Péruzat au lieu de Photo Isabelle Pérusat

• page 33 : Titou est né à Boulder (pas Denver)

• page 77 : (“Et si tu veux la folie / Je serai plus fou que toi” dans “Je trouverai autre chose”) au lieu de (“Et si tu veux la folie / Je serai plus fort que toi” dans “Je trouverai autre chose”)

• page 78 : Comme s'il dédiait sa vie / Au nuage rose et gris / De celle qui ne l’a pas suivi / Qui n'est pas ici” (“C’est pour quelqu’un”) au lieu de Comme s'il dédiait sa vie / Aux nuages roses et gris / Il sait qui ne l'a pas suivi / Qui n'est pas ici” (“C’est pour quelqu’un”)

• Toujours dans cet article, page 79, il y a des erreurs de date de notre fait : Tant d’amour perdu date de 1981 (pas 1982) et La minute de silence de 1983 (pas 1986).

• page 96 : l’interview de Colette Sanson date de l’époque d’Harmonies, Luc Arriba n’y est pour rien… (à corriger dans le sommaire également)

• Véronique Sanson | 2023

 

Véronique Sanson
Zénith de Rouen,
26 février 2023


La rumeur bruissait de louanges sur la voix et le tonus de Véronique lors des 3 jours de répétitions pour la reprise de la tournée. Mais si... Véronique Sanson, vous savez bien, celle qui “se confie sur…”, qui “révèle…”, qui “dévoile…”, qui “revient sur…”, qui “réagit sans tabou” si l’on en croit les accroches éculées, pièges à clics suscitant ces dernières semaines des commentaires plus ubuesques les uns que les autres sur Twitter, YouTube et les chaînes d’info en continu ad nauseam, de la part de gens à qui on a envie de rappeler qu’elle fait aussi de la musique. Et vachement bien, en plus !…
Départ immédiat pour la première date de la tournée Hasta luego version 2023.
 
Balances © LC
 
Le vent glacial n’a pas empêché les Rouennais (et les autres) de sortir de chez eux pour s’engouffrer dans ce beau Zénith planté aux abords de la ville, facile d’accès avec cet immense espace tout autour, plutôt labyrinthique à l’intérieur avec toutes ces portes coupe-feu.

Véronique sur scène à 19 h ? Même pas en rêve… Voici donc Laura Cahen en vedette américaine, seule avec sa guitare. Ne marquant même pas la surprise, le public, incroyablement patient et attentif, l’accueille chaleureusement. Une petite demie-heure plus tard, les accords de Vole, Vole, Vole (anciennement Celui qui n’essaie pas) explosent la scène, comblant une attente paresseusement trompée sur les petits écrans à lumière bleue.
 
Entrée sur scène filmée par Christopher
 

Comme aux balances un peu plus tôt, Véronique tient la forme et les Rouennais vont se charger de l’électriser davantage, massés à ses pieds dès la deuxième chanson : du jamais vu depuis des années en ce qui me concerne, mais de l’inacceptable pour ceux qui n’envisagent pas de se lever (ou qui ne peuvent tout simplement pas, pour raisons physiques). D’où les “Assis, assis !” qui fusent au milieu des “Véro on t’aime !”, particulièrement nombreux ce soir. Assis juste devant la régie, on assistera en effet au départ de quelques personnes avec béquille ou canne…

Sur scène, le niveau, déjà élevé à la fin de l’année dernière, a encore gagné une marche : toujours plus de fignolage dans le jouage – autant de travail bientôt consacré par une captation de rigueur. L’acoustique de la salle, subtile, restitue parfaitement les nuances dans le chant de Véronique et les textes dont on distingue chaque mot (surtout quand le micro est ouvert…).
 
Au rayon des nouveautés, on note une intro différente, signée Mehdi Benjelloun, pour sa composition Et je l’appelle encore (très bien), et la disparition des gimmicks de cuivres sur Une nuit sur son épaule (moins bien). Les “pizz” dans le pont du Maudit sont toujours là, sans la voix de Véronique. Côté visuel, on note aussi de jolies petites trouvailles.
 
Juste avant Drôle de vie, Véronique tente de remettre un peu d’ordre dans les franges de sa tenue de scène, inspirant à Frédéric Gaillardet les premiers accords de You can leave your hat on (from “9 semaines 1/2”, une composition de… Randy Newman) qu’il plaque sur ses claviers pendant qu’elle prend des poses de star, assise au piano. Bravo ! 

La cerise sur le gâteau, la chemise (hawaïenne) sur le plateau, c’est bien sûr Christopher, guest star surprise – pas en première partie (comme on l’a vu), mais en guitariste de luxe. Pendant les balances, on ne se retenait pas de filmer ce moment où il enluminait les riffs archi connus de Bernard’s Song et On m’attend là-bas. La vidéo est à voir ici.

Passer de On m’attend là-bas au Temps est assassin n’est pas forcément sans risque et Véronique l’a expérimenté ce soir-là, ayant attaqué plus vite que la musique, dérangée dans ses Ears par des conversations qui n’y avaient clairement pas leur place. Pas de panique, on arrête tout et on recommence. Joueuse, elle avoue être “inconveniencée” et propose de repartir du milieu, de là où elle s’est arrêtée, du début… Les premiers rangs gourmands tranchent : ce sera du début !

Comme toujours, et surtout en cette période où on lit tout et (le pire du) rien sur un net pas net du tout, on éprouve une jubilation intérieure à entendre sa voix égrener des mots aussi fiers que “On dit aussi que mon regard est déjà flou / Que c’est une chance que je tienne debout / Que ma chandelle est presque à bout”… Rock’n’roll is here to stay!

En coulisses, on la retrouve un peu lasse de ces éternels problèmes techniques, mais radieuse de l’accueil fait à son spectacle, à ses musiciens, à sa vie… la musique.

La setlist est en ligne ici.

• Véronique Sanson | 2023

Véronique Sanson
“De l’autre côté de mon rêve”
Édition remasterisée
50e anniversaire


L’album “De l’autre côté de mon rêve” fête son demi-siècle et refait pour l’occasion un joli tour de piste, enrichi de maquettes inédites et rhabillé au goût du jour (son Dolby Atmos, pochette relookée). L’occasion de se replonger dans le contexte de sa sortie.

En 1972, tout va très vite pour Véronique. Son premier album sort au mois de mars, celui-ci début décembre. Elle enchaine la promo (presse, radios, télés en France, Suisse et Belgique) et découvre la scène (quelques chansons chaque soir pendant un mois au cabaret de la Tour Eiffel avant d’attaquer les choses sérieuses : la première partie de Polnareff en mai et surtout une grande tournée d’été avec Julien Clerc et Pierre Vassiliu – chez qui seront d’ailleurs prises les photos de la pochette originale de “De l’autre côté de mon rêve” dont Véronique ne raffole pas…).
 
Une chose est frappante avec ce disque, Véronique prend de l’assurance vocalement. La différence avec son premier album saute aux oreilles. Et plutôt que d’utiliser des titres déjà maquettés l'année précédente (Clapotis de soleil, la nuit se fait attendre… qu’elle utilisera plus tard), elle enregistre ce qu’elle vient d’écrire et de composer : des textes au plus près de ce qu’elle vit.
 
On ne peut en effet pas décemment évoquer cet album sans parler de Michel Berger, dont il est accessoirement le producteur et directeur artistique. Sa conception, son enregistrement coïncident avec LE grand tournant dans la vie de Véronique, celui qui va générer cette “drôle de vie” qu’elle pressent, ce virage non négocié au préalable. Prise entre deux feux (de l’amour), elle n’a pas encore choisi entre une histoire française un peu trop calme d’un côté (Michel Berger, alors inconnu du grand public) et une histoire américaine qui s’annonce largement trop rock’n’roll de l’autre (Stephen Stills, guitariste américain superstar). Elle se décidera plus tard.
 
Été 1972, Michel et Véronique photographiés par France Gall.
 
Début octobre 1972, une des séances studio pour cet album est d'ailleurs le théâtre de la rencontre des deux hommes que tout oppose – sauf leur amour pour Véronique. De très rares photos prises par Dominic Lamblin (qui travaille chez WEA) en témoignent et une rumeur tenace (mais que Véronique dément catégoriquement aujourd’hui) voudrait que Stills ait enregistré ce jour-là quelques accords. Elle se souvient en revanche que le guitariste américain échangeait avec elle en espagnol, langue que Michel Berger ne parlait pas. Les dés étaient lancés… 
 
Une fois ses voix enregistrées, Véronique disparaît quelques jours avec Stills, laissant Michel Berger terminer le mixage de l’album sans elle. On a longtemps cru qu’elle avait pris là ce fameux aller-simple pour New York mais de nombreux éléments nous incitent à réécrire la temporalité de l’événement. De fait, après cette courte fugue, elle revient auprès de Michel. Ils iront même ensemble au mariage de sa sœur Violaine mi-décembre 1972 et elle verra naître la plupart des titres qui formeront le premier album de Michel, Cœur brisé. Des bandes de travail en studio inédites en attestent.
 
Une chanson de Véronique est rarement intégralement dédiée à quelqu’un – même s’il y a de belles exceptions dans son répertoire, comme Mortelles pensées mais on peut remarquer que, alors qu’ils sont encore ensemble, Véronique Sanson et Michel Berger se parlent déjà par chansons interposées. Elle lui dit de se méfier quand s’allumera l’étincelle de l’infidèle (Toute seule), lui tend le portrait idéal d’un autre homme (Comme je l’imagine) alors que lui envisage déjà son départ (Attends-moi), implore son aide (Donne-moi du courage) mais a déjà tout compris (Si tu t’en vas). Il avouera plus tard en interview avoir songé un temps sortir son premier album et celui de Véronique dans un même coffret… Le destin en décidera autrement : après moult hésitations, elle répondra finalement à l’appel du large juste avant la sortie de ce Cœur brisé et leur dialogue s’intensifiera au fil des années alors même qu’ils seront séparés géographiquement, heureux et malheureux “l’un sans l’autre”. 
 

Variation autour de la photo de la pochette de 1972, avantageusement remplacée, pour cette nouvelle édition, par une photo de Jean-Marie Périer prise à la même époque.
 
Je garderai – le plus longtemps possible j’espère – en mémoire un moment précieux : Véronique printemps 2022 penchée sur un iPad, réécoutant pour la première fois les maquettes insérées dans cette réédition et s’adressant à la jeune Véronique automne 1972 : “Mais ralentis un peu... Va moins vite...”. Dialogue dans les couloirs du temps…
Ce même jour, elle qui a un penchant certain pour les accidents, les choses imparfaites, sélectionnera la maquette de Morale séance tenante (”Celle-là, faut la mettre !”) à cause du moment où elle s’arrête et reprend, avant de donner son accord pour d’autres.
 
Parce qu’elle est à l’époque incroyablement prolifique, on a retrouvé sur la même bande quelques instrumentaux parfaitement inédits, oubliés derrière elle dans la précipitation de son départ mais fort heureusement conservés par Michel Bernholc, qui faisait tourner les magnétos dès qu’elle mettait un pied en studio. En 2020, elle a écrit un texte plutôt sombre sur l’une de ces musiques, qu’on a pu découvrir sur scène sous le titre de Signes. Les autres pourraient également faire l’objet de quelques travaux de remaniement dans le futur et voir le jour une fois leurs paroles écrites – ce qui justifie leur absence dans cette réédition.
 
On n’est pas encore tous appareillés mais il faudra y songer (je ne parle pas de surdité mais de nouvelles technologies)… “De l’autre côté de mon rêve”, album-clé pré-“années américaines”, mérite amplement d’être écouté dans les conditions Dolby Atmos. C’est un peu comme si l’on était en studio avec elle, avec les musiciens. La spatialisation du son déroute d’abord : on se retourne pour savoir si le guitariste n’est pas réellement dans la pièce ! Une expérience qui fait penser à celle de nos aînés découvrant le son stéréo… Hautement recommandée !

Disponibles depuis le 8 décembre 2022 :
Versions digitales 16 & 24 bits de l’album remasterisé
Version digitale Dolby Atmos sur Apple avec une exclusivité de 14 jours
 
Disponibles depuis le 20 janvier 2023 :
Vinyle translucide & édition Deluxe CD + Blu-ray audio Dolby Atmos
 
 
Variation autour d’une photo de la même série que celle de la nouvelle édition, également signée Jean-Marie Périer
 

• Bastien Lucas et Julie Rousseau | 2022

 

Bastien Lucas et Julie Rousseau,
Toute une vie sans se voir,

17 décembre 2022


S’attaquer au répertoire Sanson-Berger en piano(s)-voix, imaginer un spectacle de leurs chansons entremêlées, oser afficher leur correspondance… Le type même du concept archi casse-gueule, abyssal défi auquel Bastien Lucas et Julie Rousseau ont choisi de se confronter. Avec respect, émotion et surtout zéro caricature. 
 
Tout en habileté et finesse, ils prêtent leurs traits et leur énergie au couple formé par Véronique et Michel au début des années 70. Julie est passionnée et volontaire. Bastien est plein de charme et de second degré. Leurs sourires et leurs regards trahissent des années d’amitié.  
 

 
On évite instantanément l’écueil mental que serait la comparaison de leurs interprétations face aux versions originales d’autant plus facilement qu’ils impriment d’emblée leur patte sur des chansons qu’on connaît pourtant par cœur (reprises trois fois par jour sur YouTube pour le meilleur et pour le pire) : une certaine façon de s’arrêter sur un mot, d’en esquiver un autre, d’alterner les rôles, de faire le choriste dans l’ombre quand le partenaire est dans la lumière, d’oser des bruitages avec la bouche (formidable Fais attention à mon amour) ou encore de fredonner les dernières notes de piano d’une chanson jusqu’à glisser subtilement dans la suivante (intro de Ma musique s’en va si ma mémoire est bonne). Sans oublier une grande prise de liberté dans le jeu de piano et les harmonies pour offrir une relecture très travaillée de certains titres – on va jusqu’à entendre du Bach chez Sanson-Berger ! Je ne connais pas bien leurs parcours respectifs, sais juste qu’ils vivent de et pour la musique H24 (et qu’ils touchent leur bille au piano), mais on est très vite comme chez soi dans leur univers, tout en imaginant l’œil bienveillant de leurs illustres aînés. 
 

Illustres aînés dont l’histoire est loin d’être ordinaire, même si elle n’est pas encore tout à fait un mythe (laissons les “couples mythiques” et autres “chansons cultes” à RTL quand on y évoque Stone et Charden). C’est peut-être pourquoi ils ont choisi de superposer celui d’Orphée et Eurydice au romanesque destin de nos chanteurs pop. Séparation, descente aux Enfers, malédiction, départ irrémédiable… Le conte est bon.

Si, dans la salle, on a l’impression de faire partie d’une secte (celle des initiés aux secrets de cette histoire), cette correspondance par chansons interposées n’est pas non plus une légende, n’en déplaise aux réécriveurs d’histoire et autres acharnés de la propagande Gall-Berger über alles. On ne parle ici ni de théories d’amour de substitution ni d’adultère fantasmé mais de quelque chose de bien plus poétique, qui d’ailleurs n’aurait sans doute pas fait long feu face aux ennemis (l’habitude, le temps qui passe…) mais a (bien) nourri ce qu’il convient d’appeler une œuvre. 
 

Comme l’a rappelé le propriétaire de la salle, d’annulations en reports, le spectacle a failli porter un nom prédestiné. Souhaitons lui maintenant longue vie dans de grandes salles avec de beaux éclairages. Le Forum Léo Ferré d’Ivy sur Seine est certes convivial mais tient du mouchoir de poche. Entre le grand piano noir et le petit piano droit, les deux musiciens-acteurs étaient un peu à l’étroit – contraste total (pour l’anecdote) avec la Seine Musicale et ses 3000 projecteurs (re)vus la veille chez Starmania en ce qui me concerne ;-)
 
Ajoutons, pour finir, que je pense pouvoir affirmer que Véronique aurait été émue et fière à Ivry ce samedi soir…
 


NB. Nulle faute dans le choix des chansons, il avait été travaillé en amont avec mon camarade en véronicologie, Yann Morvan, ami de longue date de Julie, et responsable d’une analyse de cette correspondance en chansons à lire ici.
 
Update juillet 2023 : ce spectacle a été joué du 7 septembre au 8 octobre  au Studio Hébertot à Paris en présence de Véronique. Chronique à lire ici
 
Calendrier 2025 :

• Folies Bergère | 2022

Véronique Sanson
Folies Bergère, Paris
25-26-27 novembre 2022

Balances, 26 novembre 2022 © LC
 

Basse | Dominique Bertram
Guitare | Basile Leroux
Batterie | Jean-Baptiste Cortot
Percussions | François Constantin
Claviers | Franck Sitbon
Trompette | Renaud Gensane
Trombone | Bertrand Luzignant
Saxophone | Yannick Soccal
Chœurs | Mehdi Benjelloun
Chœurs | Guillaume Eyango

Création lumières | Cyril Houpelain

 
Pendant les trois shows aux Folies Bergère (surtout celui du milieu), on repensait à cette question (simpliste) qui lui a récemment été posée : “Êtes-vous heureuse, Véronique ?” pour l’excellente raison que là, sous nos yeux, elle était pleinement et réellement heureuse. Les photos – capteurs de ce qui échappe à nos rétines – ne trompent pas : ses sourires élastiques, ses regards brillants, ses gestes fluides… Le bonheur n’est pas un état stable, cher interviewer matinal, il est là et puis il ne l’est plus. Ces soirs-là, il était bien là, indéniablement.
Ce mot “bonheur”, ressenti cette fois par le public, revient d’ailleurs souvent dans les très nombreux commentaires sur les réseaux sociaux pendant que “magique”, “incandescente”, “géniale”, “merveilleuse”, “exceptionnelle” la décrivent. Une délicieuse pluie de compliments envoyés du cœur, spontanément. On attend généralement un peu de fraîcheur d’une salle parisienne (y a du people, des journalistes…), mais là on a vu ce qu’on allait voir : le tonnerre, l’embrasement.… Retour sur trois shows d’anthologie.
 
© LC
 
Au dehors, le monde ne va pas fort, l’époque est à la division. À l’intérieur, on est au chaud, à l’unisson d’une même voix, d’une même énergie qui embarque loin de tout. Véronique est enfin elle-même, du moins telle qu’elle aimerait être à chaque seconde de son existence même si elle sait – ô combien – que c’est un vœu pieux : à des moments de grâce absolue correspondent irrémédiablement des abîmes. Le prix est souvent lourd à payer mais ça vaut tellement le coup… C’est sa vie : “Rester là sans rien faire / c’est bon pour l’éternité”...
 
© LC
 
Le premier soir quand elle est montée sur scène, elle était encore la proie d’une peur panique qui lui était tombée dessus la veille. Que dire dans ces cas là sinon d’affligeantes banalités ? “Tu sais bien que dès que tu auras posé un orteil sur scène, tout ira bien...” La voix encore étranglée de trac, elle s’est lancée, trompant son angoisse dans un dialogue avec le public (“J’ai peur quand vous arrêtez d’applaudir…”) avant de se réchauffer à sa flamme, de s’abandonner corps et âme aux clameurs. Le problème, ce n’était pas Paris, c’était l’inconnu : cette scène qu’elle n’avait encore jamais foulée pour un concert entier et qui, en plus, est pentue – détail qui apparaîtra nettement quand il faudra redresser certaines photos...
 
© LC
 
Une fois le trac jeté par dessus bord, le feu de la salle a coulé dans ses veines et les images des concerts d’antan ont afflué en masse dans mon cerveau. Même énergie, même folie (au premier étage, c’était carrément chaud), longs applaudissements après chaque chanson, standing ovations à gogo et ces voix anonymes qui profitent des rares silences pour lancer des “Je t’aime”... Les gens de la nuit étaient bel et bien là.
 
Parmi eux, les irréductibles, ceux qui viennent et viendront toujours, des quatre coins de France quand ce n’est pas de Belgique… Sans les réseaux, ils ne se seraient peut-être jamais rencontrés et c’eût été dommage : les voir soudés par leur amour de Véronique est vraiment réjouissant.
 
Également, du beau monde : Charlotte Rampling (au bras de Daniel Schick), Catherine Lara, Michel Jonasz, Louis Chedid, Luc Plamondon, Franka Berger, Isabelle Nanty, Antoine Dulhéry, François-Éric Gendron, Nicole Calfan, Vianney, Christophe Maé (qui a bien failli monter sur scène pour Besoin de personne), Marc Lavoine (qui est bien monté sur scène pour Une nuit sur son épaule), Tim Dup, Mika, Yves Duteil, Didier Varrod, Marie-Pierre Planchon, Éric Jean-Jean, Raphaël Mezrahi, Marc-Olivier Fogiel, Thomas Sotto, Baptiste Vignol (auteur du livre Tout Véronique Sanson), Sophie Delassein et sans doute d’autres qu’on oublie… et même Jean-François Coppé à qui on avoue qu’on aimerait faire disparaître une certaine vidéo calamiteuse sur YouTube et qui répond placidement qu’elle ne le dérange pas…  
 
© LC
 
Venons-en aux deux nouveaux titres ! Drôle de situation qui en rappelle une autre : Olympia 1983, quand la maison de disque espérait un album et que seuls deux nouveaux titres étaient prêts. On les enregistra promptement pour sortir un 45 tours live – l’album studio arriva bien plus tard… 
Hasta luego est “une nouvelle chanson qu’on a écrite avec Vianney – surtout Vianney mais un peu moi quand même, par orgueil, simplement… et c’est super”.
“J’ai pris un nouveau départ
Telle est ma voie
C’était comme la mer à boire
Mais c’était mon choix”
Le mot vie y remplacera voie dans le premier couplet deux soirs sur les trois – sa voie n’est pas tracée, tant pis pour la rime…
Pour le second, Signes, elle annonce la couleur : “Là c’est moi qui l’ai écrit toute seule – et ça se voit, franchement !” Une musique qui vient du fin fond des âges accolée à un texte tout neuf. Une perle à l’éclat très sombre. 
 
© LC
 
Depuis le premier concert de cette tournée (Montereau, fin octobre), les balances ont fait monter chaque jour d’un cran le niveau d’excellence du “jouage” (comme dit Véronique) des uns et des autres. Ils sont au top ! On salue encore et toujours les nouveaux arrangements : Une nuit sur son épaule, cuivré et bien rock – plus vraiment adapté à la nonchalance de Marc Lavoine –, l’accordéon de Franck Sitbon sur Et je l'appelle encore, du piano dans l’intro de l’indéboulonnable Toi et moi qui a un peu vite remplacé J’ai l’honneur d’être une filleOn note de subtiles différences : une série de Ta douleur efface ta faute s’est envolée dans Le maudit (une première depuis 1974) laissant place à l’orchestration (et ça marche bien !), de petits sketchs ont fait leur apparition et puis bien sûr ces petits moments si importants qui font que chaque concert est unique, comme cet aveu du premier soir avant Amoureuse (tiens, tiens…) : “Alors là il faut que vous chantiez avec moi parce qu’après j’ai vos voix dans mon cœur… et vous vous rentrez chez vous, tranquillou, entourés de tous, aimés, câlinés… eh ben moi que pouic… rien !” ou encore ces impros d’un soir quand elle fait un petit bout de C’est bizarre (juste avant Je me suis tellement manquée le 25) ou C’est le moment (juste avant Amoureuse le 26) parce que quelque chose vient de lui faire penser à ces titres-là… À la scène comme à la ville !
 
© LC
 
Lorsqu’elle chante, superbe après 2 heures de scène sans ménagement aucun, “On dit aussi / Que mon regard est déjà flou / Que c’est une chance que je tienne debout / Que ma chandelle est presque à bout”, on savoure avec elle cette jubilation qui est la sienne, on est fier et on se dit qu’elle ne devrait plus faire de télé, qu’on devrait juste y diffuser des images de ses concerts. Pensée un peu radicale sans doute mais ce qu’on a sous les yeux et dans les oreilles est tellement aux antipodes d’une Star Ac ou d’un 20h30 chez Delahousse…
 
Le mot de la fin à Véronique : “Merci, merci, vous m’avez rendu tellement heureuse…” 

PS. Un cocktail était organisé le dernier soir dans le hall, l’occasion de quelques photos supplémentaires…
 
© LC
 
© Hélène de Voisins

Chronique de Didier Varrod sur Instagram :
C’est à chaque fois comme un rendez-vous avec moi même lorsque je vais voir Véronique Sanson puisqu’elle a tout ce que j’aime… Un dimanche aux Folies Bergère l’amoureuse fait vibrer comme personne son « piano danse », unique sensuelle rythmicité sidérante, qui met le feu à la pop, la chanson, le rock, le jazz… Une brindille incandescente soudain plus solide que nous tous, indestructible, parce que sa vie est beaucoup plus qu’entière… On repart dans la nuit humide avec le souvenir de ses mots si puissants pour parler de nos drôles de vie, on prend le métro avec la force de son étreinte si déboussolante, la frontalité abrasive de son regard érotique, les effluves de son parfum entêtant sur mon pull-over comme une caresse qui ne veut pas s’arrêter, se blottir enfin dans mon lit, une nouvelle nuit sur son épaule, toujours c’est vrai, toute une vie avec ce sentiment de la douceur du danger ancrée là profondément dans mon existence avec elle… Dans mes moments maudits comme sublimes… Very Véro pour toujours
 
Chronique d’Éric Jean-Jean sur Facebook :
Un concert de Veronique Sanson, c’est comme un rendez vous amoureux. Attention, ne vous y trompez pas, pas un rendez vous amoureux mièvre du genre gagné d’avance, pas du tout. On est plus dans le style de ‘date’ dont on ne connait pas l’issue. De ceux, dangereux, qui peuvent se finir par un vent et/ou des larmes. « Véro », comme l’appellent ses fans, n’est pas une chanteuse normale; elle est un indomptable animal sauvage, plongez vous quelques secondes dans sa biographie vous comprendrez.
Ce soir, pour la troisième fois consécutive, les folies Bergères sont remplies a craquer. Je croise le magnifique Vianney dans l’entrée puis, respectivement Marc-O Fogiel, Mika et la moitié du métier dont Benjamin Locoge (lui, il a « fait » Bono en interview, suis à la fois deg’ et admiratif !!!) et mon ami Didier Varrod avant de tomber dans les bras de Isa et Thomas Hugues. Le tout accueilli par mes grandes soeurs Vincence Stark et Cat-Bat puis celle de Véro, Violaine. Vous l’avez compris, Véro, c’est la famille. La vraie, pas le show bizz qui frime, elle s’en fout de ça Vero, c’est la plus grande rockeuse de France.
20h05, ça commence, petite chose faussement fragile, elle arrive.
Tous debout.
Un mot me vient à l’esprit : « Dévotion ». Véro est une sorcière blanche en boots rock cloutées, pantalon noir et veste de cuir à franges. Fausse fragile et vraie blonde. Fidèle équipage au complet, scène épurée, elle chante devant un demi cercle semblable à un coucher de soleil, ça me rappelle quelque chose.
Démarrage en douceur, « Vole vole vole », « Hasta Luego », une nouvelle signée… Vianney, « Le maudit », « Je me suis tellement manquée ».
Envol. Puis vitesse de croisière.
La voix est là, revenue, forte et légère à la fois, comme sortant d’un bain de jouvence. Les chansons défilent, « Vancouver » en acoustique. Dieu que c’est beau. En parlant de beau, voilà que Marc arrive, « une nuit sur son épaule », comme jadis au Francofolies ce soir de juillet 94 lors de cette délicieuse soirée « Comme ils l’imaginent ». « Le temps est assassin », « on m’attend là bas ». Puis un dernier tête à tête. A ma droite Didier à les larmes aux yeux pendant la « Révérence » que tire Vero, seule au piano. Enfin, immuable rituel nous quitterons la salle après être partis à Bahia.
La tournée se poursuit jusqu’au printemps avec, en prime, trois Dômes de Paris.
Bêtement je regarde Wikipedia… Je ne reviens pas du chiffre avant le 3 … 7 !
Quelle femme. Quelle vie. Quelle artiste.
 
Chronique d’Éric Chemouny (Je suis musique) :
Merveilleuse Véronique Sanson hier aux Folies Bergère ! Son plus beau spectacle depuis longtemps : une set list parfaite, un public en osmose totale et une artiste en état de grâce, au sommet de sa forme et de son talent ! Dans le public : Mika, Vianney, Yves Duteil, Christophe Maé ou Raphaël Mezrahi subjugués… tout comme Marc Lavoine sur scène, le temps d’une nuit sur son épaule. Vivement le Dôme de Paris en mars 2023 !
 
Chronique de Baptiste Vignol à lire sur son blog.