Paris, 14 mars 2026 © LC
La santé de Véronique Sanson
La santé des célébrités inquiète Le monde à juste titre. Ils nous représentent et ce lien d'identification naturel se double souvent d'une réelle empathie. Dans le cas d'une artiste comme Véronique – qui par ses chansons a toujours généré énormément d'émotion (doux euphémisme) – c'est flagrant : va-t-on pouvoir la voir encore sur scène, entendre ses nouvelles compositions ?
Mais comment faire comprendre aux gens qui s'inquiètent (légitimement) que les réponses "Elle ne va pas bien" comme "Elle va mieux" n'ont qu'une valeur à court terme ? On parle quand même de quelqu'un pour qui le danger n'est pas effrayant ou même excitant, mais carrément “doux” ! Sans vouloir jouer les donneurs de leçon, les messages de ceux qui se disent inquiets quand il y a un mauvaise nouvelle et soulagés quand en arrive une bonne me font inévitablement penser à ce fameux conte taoiste (le pauvre paysan et le cheval blanc) et c'est la raison pour laquelle j'y réponds le moins possible – surtout cette fois-ci où, avec les proches de Véronique, nos smartphones ont frôlé l'explosion – sans rapport avec les températures extrêmes.
Alors, question : le recours à l'antique communiqué de presse AFP a-t-il été too much ? Il fallait bien annoncer l'annulation d'un concert (au festival Art Rock de Saint-Brieuc), mais, dans ce cadre-là, l'AFP arrose un peu trop à mon goût – ce n'est pas une critique, c'est son rôle. De son côté, le festival attendait pour communiquer la confirmation du nom de la remplaçante (la formidable Jeanne Cherhal) mais il fallait prévenir au plus vite ceux qui allaient faire le déplacement jusqu'à Saint-Brieuc. Le communiqué AFP a été repris en story mais c'est un piège : les réseaux sociaux de Véronique n'ont pas la vocation d'une chaine d'info en continu pour y partager son bilan médical – surtout si au milieu des commentaires bienveillants, on trouve l'inévitable et tellement malin : “Ah bah ça sera un concert sans son alors”…
À l'heure où on peut gagner sa vie en partageant des fake news (florilège ci-dessous, IA à l'appui), où des présidentielles se gagnent grâce à la viralité de contenus non vérifiés, où des annonceurs météo se font insulter parce qu'il y a trop de rouge sur la carte de France en période de canicule, où de pseudos journalistes manipulent des pauvres d'esprits à longueur de journée, on est quand même bien mal barrés…
Laurent Calut
PS. Je reconnais qu'il m'est peut-être plus facile d'écrire ceci sereinement dans la mesure où Véronique parle sans retenue de la mort (et de la sienne en particulier) que ce soit en privé ou dans ses textes (“Un suicide si lent, si lent / Je ne verrai pas par où le coup arrive” dans Je les hais en 1989).









