• Vancouver, 50 ans après | 2026

Vancouver,
septembre-octobre 2026
 
On ne reviendra pas ici sur l’extraordinaire qualité de l’album Vancouver qui n’est plus à remettre en question, mais plutôt sur quelques considérations qui ont amené à la réédition pour son 50e anniversaire.
 
Ah comme on aimerait que le marché du disque soit encore florissant, qu’acheter un disque soit encore un événement en soi… Hélas trois fois hélas les choses sont ce qu’elles sont et pas autrement : on est désespéramment accros à nos téléphones et la simple idée d’écouter un album en entier paraît aujourd’hui préhistorique. Les sollicitations, alimentées par de diaboliques algorithmes, sont multiples et notre temps d’écoute et d’attention se trouve sans cesse menacé par un ping intempestif ou ce qui a fini par devenir un véritable besoin : vérifier continuellement ce qu’il se passe en ligne, ce fameux syndrome FOMO
 
Il va sans dire que tout cela ne fait pas les affaires des maisons de disques – Warner Music a d’ailleurs été obligé de se séparer de 13 % de sa masse salariale à travers le monde en 2024. Les budgets sont réduits, le système Dolby Atmos n’a finalement pas eu le succès escompté, d’où cette année une réédition différente, mais pas inintéressante, loin de là. Une bonne réédition s’accompagnant logiquement de bonus, ça a été un peu plus compliqué pour Vancouver : on ne disposait que de ceux proposés dans le coffret de l’intégrale et donc déjà présents sur les plateformes (pour mémoire, When We Are Together en 1975 et Redoutable en 1984). Il a un temps été envisagé d’utiliser les audios de télés live d’époque mais les coûts de l’Ina se sont révélés quelque peu dissuasifs… Exit donc l’idée d’un CD à une époque où le streaming semble bien avoir eu sa peau. L’offre s’est donc logiquement tournée vers le vinyle, avec 3 cibles différentes :
  • un vinyle AAA (gravé directement de la bande analogique originale) réplique exacte de celui de 1976 (en mode fourreau au lieu de gatefold, avec obi)
  • un picture disc (avec obi)
  • un vinyle couleur avec notes de pochette (en mode fourreau au lieu de gatefold) 
Au studio Trident, Londres, 
entre Bernard Saint-Paul et Alain Salvati, 
janvier 1976 © Cyril Laffitau

Le vinyle audiophile sortira le 11 septembre 2026, et il est déjà en précommande ici. Rouvrir le 33 tours original aura été l’occasion de souvenirs d’avant-guerre : lire les paroles et s’apercevoir qu’elles n'étaient pas retranscrites dans l’ordre du disque, voir qu’il manquait un r à your hand et un r à tomorrow, que la ligne C’est pour leur voler leur femme n'existait pas, que le son du silence venait avant les randonnées folles et autres petits détails…
 
Mon vieil exemplaire, acheté à l‘entracte à l’Olympia le 27 février 1976 
et dédicacé en coulisses après le show
 
Les crédits n’étaient pas en reste, zappant la participation de Gary Osborne à l’écriture de Sad Limousine ou Full Tilt Frog… On note avec que le recul que si les titres des chansons ne figuraient pas sur le back de la pochette, c’est qu’à l’époque on pouvait ouvrir un album gatefold chez un disquaire, on n’était pas encore à l’ère du tout-sous-plastique…
 
La tracklist retrouvée depuis dans le cahier d'écriture de Véronique conserve toujours quelques mystères. Je serai là ne sera enregistrée en studio que 5 ans plus tard (mais dûment interprétée à l’Olympia le mois de la sortie de Vancouver), I had a friend deviendra Louise en 1992 sur l’album Sans regrets et Little Song pourrait très bien être le titre de travail de When We Are Together (pourtant datée de décembre 1974 avec le bon titre dans le dit cahier). Reste ce “La nouvelle” à laquelle ne correspond plus que Donne-toi et ce Le bateau ivre rayé qu’on associerait volontiers à Étrange comédie sans aucune certitude…
 

Concernant les notes de pochette, elles ont cette fois été confiées à Pierre Halloo, déjà auteur d’un mémoire de lettres modernes sur les chansons de Véronique – qui l’avait beaucoup impressionnée quand elle l’avait reçu. Un peu plus tard s’est manifesté Yannis Villette, auteur régulier sur le site jazzfr.org à qui l’on doit par exemple une interview de Christian Padovan (musicien crédité sur Amoureuse, De l'autre côté de mon rêve et Vancouver), avec une analyse de l’album Vancouver également intéressante – surtout lorsqu’on considère que, tout comme Pierre Halloo, il n’a pas 25 ans et écrit donc avec le recul et la distance d’une génération qui n’est pas contemporaine de la sortie du disque. Son texte est à lire sur le site officiel.  
Laurent Calut

• Schnock Berger-Gall | 2026

“Schnock” n° 59
Grand Dossier Michel Berger-France Gall
3 juin 2026
 
Sans être un forcené du “c’était mieux avant” (trop facile), réjouissons-nous de l’existence d’une revue comme Schnock dans une époque où l’absurdité le dispute un peu plus chaque jour à l’horreur alors même qu’on croyait avoir atteint la veille des sommets (ou des abymes) en la matière. Schnock, c’est cette bulle de récréation érudite sur un passé pas si lointain, cette somme pas barbante de renseignements sourcés sur le cinéma, la musique, la littérature et autres, écrits dans un style assez unique qui doit beaucoup à son rédac’chef Alister, découvert en tant qu’auteur-interprète dans une autre vie (compte YouTube toujours valide). Pas d’IA (ou si peu pour coloriser plus vite une photo peut-être…), pas de fake news, pas de recherche acharnée du buzz, Schnock s’inscrit dans le temps long, jolie collection multicolore qu’on lit mine de rien depuis 15 ans – anniversaire qui fut d’ailleurs dignement célébré à la librairie L’Écume des pages le 2 juin (vidéo ici).
 
Au rayon musique, Schnock – qui donne uniquement dans l’hexagonal pour le moment – a déjà intronisé comme il se doit Gainsbourg, Dutronc, Hardy, Vartan, Sheila ou Amanda Lear et il était légitime après avoir schnockisé la queen Véronique (juin 2023) de s’attaquer au couple Berger-Gall, solide matière pour un Grand Dossier qui s’ouvre sur une interview inédite de Michel (par Yves Bigot qui en avait déjà parsemé ses biographies) et une de France, brillamment bricolée (quel boulot !). Entre Michel et France, Alister n’a eu aucune peine à concocter un Top 20 dont le pinacle est pour moi son savoureux décorticage de La complainte de la serveuse automate. Quant à l’ami Baptiste Vignol, il s'est distingué avec les propos schnockiens en diable tenus par notre cher Bernard de Bosson et par Didier Barbelivien qu’on ne soupçonnait pas roi de la punchline nonchalante. 
 
Baptiste et B2B chez Bernard Cazeneuve, 24 mars 2026 © LC
 
A priori je ne trouvais aucune raison de me glisser dans ce numéro avant que l’intrépide Alister n’ait la riche idée de me demander si l’incroyable photo de Véronique et Michel autour d’une table pendant l’été 1972 m’inspirait quelque chose. Il avait raison raison le bougre : si on songe que Michel était assis à côté de la femme qu’il aimait et en face de celle qu’il allait aimer – sachant qu’on ne “désaime” jamais tout à fait – y’avait matière ! Je me suis donc lancé. 
 
 
 
 
Le texte original étant un peu plus long, je restitue ici les lignes qu’il a fallu couper faute de place (et aussi parce que l’info du dernier paragraphe se trouvait déjà ailleurs dans la revue) :
 
Extrapolons avec un autre chassé-croisé quelques années plus tard. En 1979, dans les premières représentations de Starmania, c’est Étienne Chicot qui endosse le costume de Zéro Janvier avant de devenir le compagnon de Véronique Sanson au milieu des années 1980, puis figurer au casting du clip Évidemment de France Gall et jouer au théâtre à Ramatuelle un certain 2 août 1992 alors qu’une funeste partie de tennis a empêché le couple Berger-Gall de s’y rendre. On pourrait même ajouter que sa femme, Isabelle, deviendra dans les années 2000 l’assistante de Sanson pendant quelques années. On arrête là, on a les yeux qui se croisent.
Et puis non, un petit dernier pour la route : à qui Bernard de Bosson (pdg de WEA) propose-t-il des maquettes signées Véronique Sanson en 1971 ? À France Gall, qui avouera ne pas se sentir à même de les chanter mais le traitera de taré s’il ne la signe pas… 
 
Chez France Gall © Bernard Leloup, février 1974

Et puis finalement, une fois lancé, je me suis dit que je pourrais peut-être aussi proposer de tordre le cou à cette histoire de “rivalité” entre France et Véronique, incroyable disproportion entre réalité et gros titres de presse qui ont engendré tant de malentendus – malentendus qui semblent s’estomper sur les réseaux : ceux qui se qualifient de #teamfrancegall étant de moins en moins nombreux face à ceux à l’esprit un poil plus large, rendus à certaines évidences suite au succès du spectacle Toute une vie sans se voir et sa formidable mise en lumière de la correspondance en chansons entre Michel et Véronique, par exemple. L’article tient sur 2 pages et a été titré « Les deux blondes préférées de Berger ». Il débute malencontreusement par une coquille : le “a” de “a connu” a sauté pour des raisons qu’on imagine aisément indépendantes de ma volonté (merci à Bruno C. de m’en avoir averti). 
 
Véronique et Nicole Calfan, 31 décembre 2021 © Chris Stills

Ce numéro 59 propose également une épatante interview de Nicole Calfan (croisée à Triel un réveillon de fin d’année) ainsi qu’une interview de Marc Top 50 Toesca  – entre autres. Bonne lecture à tous ! 
Laurent Calut 
 
 
Sommaire complet du Grand Dossier (numéro à commander ici) :

p.28 Le Grand Dossier - France Gall & Michel Berger

 

p.32 France Gall : « Emmerdeuse, c’est un compliment » par Éléonore Cambret

 

p.54 Michel Berger : « Ça me gonflait d’écrire pour les autres » par Yves Bigot

 

p.66 Le Petit Berger-Gall illustré par Christophe Ernault

 

p.80 Bernard de Bosson : « J’avais déjà dépensé 150 000 euros sans avoir entendu une note de musique ! » Le making of de Starmania par Baptiste Vignol

 

p.94 Top 20 France Gall & Michel Berger par Alister

 

p.104 Didier Barbelivien : « Le jour où j’ai failli casser la gueule à Michel Berger » par Baptiste Vignol

 

p.107 Pierre Lescure : « France pouvait se foutre de notre gueule » par Christophe Ernault

p.110 Serge Pérathoner : « Michel était content que je n’aie pas travaillé avec Enrico Macias » par Laurent Jaoui

p.112 Le jardin secret de Véronique Sanson par Baptiste Vignol

p.114 Que l’amour est bizarre par Laurent Calut

p.116 « Les deux blondes préférées de Berger » par Laurent Calut

La santé de Véronique Sanson


 Paris, 14 mars 2026 © LC
 
La santé de Véronique Sanson

 
La santé des célébrités inquiète Le monde à juste titre. Ils nous représentent et ce lien d'identification naturel se double souvent d'une réelle empathie. Dans le cas d'une artiste comme Véronique – qui par ses chansons a toujours généré énormément d'émotion (doux euphémisme) – c'est flagrant : va-t-on pouvoir la voir encore sur scène, entendre ses nouvelles compositions ? 
 
 
 
Mais comment faire comprendre aux gens qui s'inquiètent (légitimement) que les réponses "Elle ne va pas bien" comme "Elle va mieux" n'ont qu'une valeur à court terme ? On parle quand même de quelqu'un pour qui le danger n'est pas effrayant ou même excitant, mais carrément “doux” ! Sans vouloir jouer les donneurs de leçon, les messages de ceux qui se disent inquiets quand il y a un mauvaise nouvelle et soulagés quand en arrive une bonne me font inévitablement penser à ce fameux conte taoiste (le pauvre paysan et le cheval blanc) et c'est la raison pour laquelle j'y réponds le moins possible – surtout cette fois-ci où, avec les proches de Véronique, nos smartphones ont frôlé l'explosion – sans rapport avec les températures extrêmes. Je pense aussi à ce texto en lettres capitales reçu de Véronique il y a une quinzaine d'années un jour où j'avais osé m'inquiéter pour elle : DON'T EVER WORRY ABOUT ME. 
 
Alors, question : le recours à l'antique communiqué de presse AFP a-t-il été too much ? Il fallait bien annoncer l'annulation d'un concert (au festival Art Rock de Saint-Brieuc), mais, dans ce cadre-là, l'AFP arrose un peu trop à mon goût – ce n'est pas une critique, c'est son rôle. De son côté, le festival attendait pour communiquer la confirmation du nom de la remplaçante (la formidable Jeanne Cherhal) mais il fallait prévenir au plus vite ceux qui allaient faire le déplacement jusqu'à Saint-Brieuc. Le communiqué AFP a été repris en story mais c'est un piège : les réseaux sociaux de Véronique n'ont pas la vocation d'une chaine d'info en continu pour y partager son bilan médical – surtout si au milieu des commentaires bienveillants, on trouve l'inévitable et tellement malin : “Ah bah ça sera un concert sans son alors”… 
 

 
À l'heure où on peut gagner sa vie en partageant des fake news (florilège ci-dessous, IA à l'appui), où des présidentielles se gagnent grâce à la viralité de contenus non vérifiés, où des présentateurs météo se font insulter parce qu'il y a trop de rouge sur la carte de France en période de canicule, où de pseudos journalistes manipulent des pauvres d'esprits à longueur de journée, on est quand même bien mal barrés…  
Laurent Calut
 
PS. Je reconnais qu'il m'est peut-être plus facile d'écrire ceci sereinement dans la mesure où Véronique parle sans retenue de la mort (et de la sienne en particulier) que ce soit en privé ou dans ses textes (“Un suicide si lent, si lent / Je ne verrai pas par où le coup arrive” dans Je les hais en 1989).

Réseaux (a)sociaux

Faudra-t-il un jour quitter les RS ?

De manière générale, Véronique Sanson jouit d’un capital sympathie assez confortable auprès des gens qui utilisent les RS. Les messages d’amour affluent, les gens sont touchés, ils veulent témoigner de ce qu’ils ressentent en écoutant ses chansons et expriment leur désir de la rencontrer “même 5 minutes”. 

Tout va pour le mieux, sauf quand d’aucuns ressortent certains éléments de sa vie en cherchant à buzzer un max – ce qui est le cas après chaque interview, ne nous leurrons pas. 
À la suite de l’interview chez Delahousse, c’est le magazine ELLE qui s’est récemment illustré sur son compte FaceBook avec une publication joliment titrée Véronique Sanson émue, revient sur son [sic] relation avec Michel Berger : “On était jumeaux”.
 
 
Posons la question : l’intention est-elle noble ? Qu’attend le commanditaire de ce genre d’“article” sachant qu’une fois la publication balancée, aucune modération ne sera faite sur les commentaires ? En gros, on publie et on laisse les gens s’écharper sans se soucier des dégâts collatéraux, dont le premier – et à mes yeux le plus important – est l’image de Véronique. 
 
Dans les séances questions-réponses à l’issue des projections auxquelles il a assisté, le réalisateur Tom Volf a expliqué avoir construit son arc narratif partant de la rencontre avec Michel Berger jusqu’à sa mort. C’est son choix. Dès lors, les questions posées par Laurent Delhousse sont plausibles mais ne doivent faire oublier le reste et surtout pas représenter le seul angle d’attaque sur les RS, car pour les facebookiens qui passent par là – et on sait statistiquement que ce ne sont pas des perdreaux de l'année – l’interrogation “Mais pourquoi revient-elle [encore] sur sa relation avec Michel Berger” ? est presque légitime puisque le contexte (la promotion d’un film-documentaire) n’apparaît pas immédiatement dans la publication. Pour peu qu’ils ne soient pas du genre à pousser plus loin leur questionnement, ils peuvent tout à fait se dire que c’est elle qui a contacté les médias pour évoquer cette vieille histoire. C’est ce qui ressort de certains commentaires. 
 





 
Or non messieurs-dames, Véronique Sanson n’appelle pas Laurent Delahousse pour causer dans le poste de sa relation avec Michel Berger. Ce n’est pas elle non plus qui vous invite à aller voir le film au cinéma et vous cache le fait qu’il passera bientôt à la télé (comme je l’ai lu quelque part). Elle participe bon gré mal gré à la promotion d’un film sur elle et, idéalement, ce devrait être l’occasion de revisiter son parcours atypique, romanesque, passionnel et musicalement très riche. Sans ce film, il n’y aurait pas eu cette interview dominicale qui semble tant vous chagriner. Question : êtes-vous si désœuvrés et malheureux pour perdre du temps et gaspiller votre énergie à commenter ainsi ? (et suis-je aussi naïf de poser ce genre de questions ?)
 
À lire ces calamiteux commentaires (il y a bien pire que ceux-là, âmes sensibles s’abstenir) sous la publication de ELLE, Diverto, Marie-Claire ou d’autres, outre le fait que la méchanceté le dispute à la bêtise, on note qu’une grosse majorité (peut-être pas très nombreuse, mais hélas trop visible) ne sait toujours pas utiliser les RS :   
  • Une publication – même hyper importante – sans photo ? On zappe.
  • Une légende à la photo ? Pourquoi s’em… à la lire… 
  • On tape son commentaire sans se relire (à supposer qu’on sache le faire).
  • On ne jette surtout pas un coup d’œil aux autres commentaires, quitte à écrire exactement la même chose que les copains. 
  • On s’adresse directement à la personne sur la photo, on la tutoie pour l’insulter et on la vouvoie pour la complimenter – alors qu’il y a si peu de chances qu’elle vous lise…
  • On repart sur CNews après avoir commenté. 
Depuis quelques jours, on voit aussi fleurir un peu partout des publications avec le titre Véronique Sanson dévoile sa magnifique maison. Honnêtement, y a-t-il du monde pour y croire ? Quand arrêtera-t-on l’emploi de ces verbes à la con : Véronique Sanson ne se “confie” pas, ne “dévoile” pas, ne “révèle” pas…
 
Et que dire de ce genre de commentaires quand est annoncée une tournée où certaines villes/régions ne figurent pas ?

Alors, faut-il désespérer tout à fait des réseaux (a)sociaux ?  
La nuance les a-t-elle définitivement déserté ?  
On pense à Hélène Hazera, interviewée la semaine dernière dans Libé, qui dit ne plus utiliser Facebook, “machine à s’engueuler avec ses amis”. 

Le fait est que le pire est à venir : L’IA, encore sous-exploitée sur les RS, va bientôt contaminer nos archives et on peut sans peine imaginer ce que des âmes bien intentionnées pourront 
publier dans quelques années quand on voit ce genre d’ignominies (matez le nom du réalisateur !) :
Illustration postée sur le compte YouTube Univers des Stars fin mars 2026
 
Même si j'ai parfaitement conscience que ce texte ne va pas changer la face du monde, je suppose que cela m’a fait du bien de l’écrire.  
Laurent Calut
 
PS1. Excellente chronique dans Le Canard Enchaîné du 6 mai 2026 à propos du livre Communiquer à tout prix de Nicholas Carr :

Il fut un temps, pas si lointain, où l’on pouvait rêver d’un monde rendu meilleur par la multiplication des moyens de communication. Échanger davantage avec son prochain allait forcément déboucher sur une société plus empathique et démocratique. Et soudain, patatras, voilà que TikTok, Instagram ou Facebook écrabouillent ce doux espoir, en nous soumettant au règne de la machine et des algorithmes.
Une catastrophe que détaille dans ce brillant essai l’Américain Nicholas Carr, qui s’attaque aux racines du chaos informationnel actuel et démonte l’utopie d’une société améliorée par l’expansion sans fin des canaux de communication. Au programme (informatique) : atomisation des cerveaux, pillage des données par les magnats de la tech et triomphe des fake news. Un champ de ruine ou s’imposent désormais l'IA et les agents conversationnels, aspirateurs d’attention devenus agitateurs de haine.
Résultat : “Nous devenons des images médiatiques détachées de notre existence physique.” L’humain du futur ? Un spectre cloîtré chez lui, affamé de dopamine et de bagarre en ligne. C’est comment qu’on freine ?
E.B.
 
Pour aller plus loin : Derrière les fake news aux millions de vues, un marché lucratif, analyse à lire ici