“Schnock” n° 59
Grand Dossier Michel Berger-France Gall
3 juin 2026
Sans être un forcené du “c’était mieux avant” (trop facile), réjouissons-nous de l’existence d’une revue comme Schnock dans une époque où l’absurdité le dispute un peu plus chaque jour à l’horreur alors même qu’on croyait avoir atteint la veille des sommets (ou des abymes) en la matière. Schnock, c’est cette bulle de récréation érudite sur un passé pas si lointain, cette somme pas barbante de renseignements sourcés sur le cinéma, la musique, la littérature et autres, écrits dans un style assez unique qui doit beaucoup à son rédac’chef Alister, découvert en tant qu’auteur-interprète dans une autre vie (compte YouTube toujours valide). Pas d’IA (ou si peu pour coloriser plus vite une photo peut-être…), pas de fake news, pas de recherche acharnée du buzz, Schnock s’inscrit dans le temps long, jolie collection multicolore qu’on lit mine de rien depuis 15 ans – anniversaire qui fut d’ailleurs dignement célébré à la librairie L’Écume des pages le 2 juin (vidéo ici).
Au rayon musique, Schnock – qui donne uniquement dans l’hexagonal pour le moment – a déjà intronisé comme il se doit Gainsbourg, Dutronc, Hardy, Vartan, Sheila ou Amanda Lear et il était légitime après avoir schnockisé la queen Véronique (juin 2023) de s’attaquer au couple Berger-Gall, solide matière pour un Grand Dossier qui s’ouvre sur une interview inédite de Michel (par Yves Bigot qui en avait déjà parsemé ses biographies) et une de France, brillamment bricolée (quel boulot !). Entre Michel et France, Alister n’a eu aucune peine à concocter un Top 20 dont le pinacle est pour moi son savoureux décorticage de La complainte de la serveuse automate. Quant à l’ami Baptiste Vignol, il s'est distingué avec les propos schnockiens en diable tenus par notre cher Bernard de Bosson et par Didier Barbelivien qu’on ne soupçonnait pas roi de la punchline nonchalante.
Baptiste et B2B chez Bernard Cazeneuve, 24 mars 2026 © LC A priori je ne trouvais aucune raison de me glisser dans ce numéro avant que l’intrépide Alister n’ait la riche idée de me demander si l’incroyable photo de Véronique et Michel autour d’une table pendant l’été 1972 m’inspirait quelque chose. Il avait raison raison le bougre : si on songe que Michel était assis à côté de la femme qu’il aimait et en face de celle qu’il allait aimer – sachant qu’on ne “désaime” jamais tout à fait – y’avait matière ! Je me suis donc lancé.
Le texte original étant un peu plus long, je restitue ici les lignes qu’il a fallu couper faute de place (et aussi parce que l’info du dernier paragraphe se trouvait déjà ailleurs dans la revue) :
Extrapolons avec un autre chassé-croisé quelques années plus tard. En 1979, dans les premières représentations de Starmania, c’est Étienne Chicot qui endosse le costume de Zéro Janvier avant de devenir le compagnon de Véronique Sanson au milieu des années 1980, puis figurer au casting du clip Évidemment de France Gall et jouer au théâtre à Ramatuelle un certain 2 août 1992 alors qu’une funeste partie de tennis a empêché le couple Berger-Gall de s’y rendre. On pourrait même ajouter que sa femme, Isabelle, deviendra dans les années 2000 l’assistante de Sanson pendant quelques années. On arrête là, on a les yeux qui se croisent.
Et puis non, un petit dernier pour la route : à qui Bernard de Bosson (pdg de WEA) propose-t-il des maquettes signées Véronique Sanson en 1971 ? À France Gall, qui avouera ne pas se sentir à même de les chanter mais le traitera de taré s’il ne la signe pas…
Chez France Gall © Bernard Leloup, février 1974
Et puis finalement, une fois lancé, je me suis dit que je pourrais peut-être aussi proposer de tordre le cou à cette histoire de “rivalité” entre France et Véronique, incroyable disproportion entre réalité et gros titres de presse qui ont engendré tant de malentendus – malentendus qui semblent s’estomper sur les réseaux : ceux qui se qualifient de #teamfrancegall étant de moins en moins nombreux face à ceux à l’esprit un poil plus large, rendus à certaines évidences suite au succès du spectacle Toute une vie sans se voir et sa formidable mise en lumière de la correspondance en chansons entre Michel et Véronique, par exemple. L’article tient sur 2 pages et a été titré « Les deux blondes préférées de Berger ».
Véronique et Nicole Calfan, 31 décembre 2021 © Chris Stills
Ce numéro 59 propose également une épatante interview de Nicole Calfan (croisée à Triel un réveillon de fin d’année) ainsi qu’une interview de Marc Top 50 Toesca – entre autres. Bonne lecture à tous !
Laurent Calut
p.28 Le Grand Dossier - France Gall & Michel Berger
p.32 France Gall : « Emmerdeuse, c’est un compliment » par Éléonore Cambret
p.54 Michel Berger : « Ça me gonflait d’écrire pour les autres » par Yves Bigot
p.66 Le Petit Berger-Gall illustré par Christophe Ernault
p.80 Bernard de Bosson : « J’avais déjà dépensé 150 000 euros sans avoir entendu une note de musique ! » Le making of de Starmania par Baptiste Vignol
p.94 Top 20 France Gall & Michel Berger par Alister
p.104 Didier Barbelivien : « Le jour où j’ai failli casser la gueule à Michel Berger » par Baptiste Vignol
p.107 Pierre Lescure : « France pouvait se foutre de notre gueule » par Christophe Ernault
p.110 Serge Pérathoner : « Michel était content que je n’aie pas travaillé avec Enrico Macias » par Laurent Jaoui
p.112 Le jardin secret de Véronique Sanson par Baptiste Vignol
p.114 Que l’amour est bizarre par Laurent Calut
p.116 « Les deux blondes préférées de Berger » par Laurent Calut
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire