Véronique Sanson,
Le Grand Rex, Paris,
22-23-24 avril
et 3 et 4 juin 2024

“Bonsoir ! Je suis contente de vous voir, de vous revoir. J’espère qu’on va vraiment partager de la musique, des émotions, n’importe quelle émotion… comme la colère, la joie – c’est pas ce que je fais de mieux, mais bon… –, la violence – là, je suis pas mauvaise –, et juste qu’on chante ensemble, qu’on partage et qu’on ne soit plus qu’un ». Ce sont les mots de Véronique pour ouvrir ce 5e Grand Rex 2024, des mots sincères et surtout fédérateurs alors qu’au dehors, dans le même temps, règnent la division, la violence banalisée, la dangereuse extension des conflits mondiaux, la prolifération sournoise des fausses informations et autres “déliciosités”… Mine de rien, entendre ces mots-là, même juste le temps d’un concert, rassure sur l’état de l’humanité.

La “reine” (variante british : la “Queen”), la “patronne” (variante british : la “Boss”), la “taulière”, une “légende” : les superlatifs fleurissent sur les réseaux. Le fait est que, sans avoir jamais posé à l’icône et tout en continuant à se comporter sur scène à peu près comme dans son salon, Véronique a gagné un indéniable et respectable statut. Pour certain(e)s, elle est l’image même de la femme libre, une pionnière ; pour d’autres, la survivante d’une époque forcément “mieux avant”. Pour d’autres enfin, elle reste une musicienne de génie à la signature vocale reconnaissable entre toutes.

Ces deux salves de concerts ont été très différentes l’une de l’autre, entrecoupées par une période de repos forcé suite à une broncho-pneumonie diagnostiquée juste après son anniversaire. Au final, sa capacité de récupération – saluée par ses médecins – est telle que les shows de juin ont été encore meilleurs que ceux d’avril…

Grand Rex, 3 juin © LC


En première partie de ces 5 shows, Chris Stills. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire un peu partout le bien que je pense de ses chansons, de sa voix, de sa présence scénique mais son show à-lui-tout-seul du 29 avril au Café de la Danse a mis en lumière le fait que les salles plus intimes lui correspondent peut-être davantage Il y est par définition plus proche du public, et s’y montre plus volontiers enclin à expliquer des paroles de chansons auxquelles il faut bien avouer que nous manquent souvent les sous-titres. Les ayant maintenant entendues plusieurs fois sur scène, je me suis parfois surpris à les fredonner sans l’avoir vraiment cherché. Bref, vivement la sortie de “Hail the Road”, son prochain album.

Quant à Véronique, il y en a au moins deux bien distinctes : celle qui se rend sur les plateaux télé en trainant un peu les pieds (parce que c’est loin, parce qu’il faut y aller à des horaires peu chrétiens, parce qu’il faudra y chanter face à l’objectif d’une caméra ou bien un public sans âme en permanence stimulé par un chauffeur de salle) et puis celle qui est sur scène comme un poisson dans l’eau. Les chiffres penchent malheureusement en faveur des prestations télé : en millions de spectateurs pour la promo contre des milliers pour un show. Dommage pour celle qui est incontestablement une “meilleure elle-même” – surtout si on songe que c’est sans doute l’inverse pour bon nombre d’artistes…

Balances Grand Rex, 23 avril © LC

Mais revenons aux Grand Rex, à ces shows qu’on a vécus debout au plus près de la scène (après Besoin de personne quand même) avec Yann (Morvan) et Baptiste (Vignol), “comme quand on était petits”… 

Magnifiques balances à chaque fois d’abord, avec la répétition parmi les piano-voix le premier jour d’une chanson que Véronique envisageait d’ajouter à la setlist… avant de se demander si c’était finalement une bonne idée. À suivre…   

Le soir de l’anniversaire, il y a d’abord eu le stress de la Team Florence Dubray pour déposer des flyers AnniVéro sur chaque siège dans le peu de temps imparti avant le concert. Ouf, juste à temps ! Puis un débat à l’arrivée de Véronique sur scène : une partie de la salle chantait Happy Birthday tandis que l’autre entonnait la version française ! Pour ceux qui ont de la feuille, Frédéric Gaillardet a d’ailleurs subtilement glissé l’air de Happy Birthday dans son pont solo sur Les délices d'Hollywood – lui qui accompagne déjà spontanément au piano le “Eyango Eyango” dans la présentation des musiciens. Véronique s’est ensuite saisie des ballons en forme de 7 et de 5, et a vainement tenté de les faire tenir contre le piano – on a d’ailleurs vu passer des photos d'elle de dos regardant les 75 par terre. Très parlant… Il y a bien sûr également eu le sketch de la petite fille qui s’est retrouvée sur scène archi intimidée avec son dessin (cf. la double page parue dans Gala juste après). 

Grand Rex, 24 avril © LC

Après le show, au pince-fesses organisé au premier étage, entourée de Violaine, de Christopher et ses deux (jolies) filles, Véronique a soufflé la totalité des bougies d’un magnifique gâteau. Des photos d’agence ont été prises et validées mais on ne les a pas encore vu passer…

Au cours des shows d’avril, on a pu croiser (par ordre alphabétique) : Emmanuelle Béart, Franka Berger, Alain Chamfort, Sébastien Chenu, Camille Cottin, Gérard Davoust, Stéphane de Groodt, Eddy de Pretto, Guillaume de Tonquedec, Jacqueline Franjou, Guillaume Galienne, Melody Gardot, François-Éric Gendron, François Hollande et Julie Gayet, Éric Jean-Jean, Marc Lavoine et sa fille, Maxime Leforestier, Bastien Lucas, Daniela Lumbroso, Elisabeth Moreno, Nagui et Mélanie Page, Renaud, Julie Rousseau, Thomas Sotto, Bernard Swell, Philippe Vandel, Didier Varrod… Et Vincent Baguian, François Bernheim, Laurent Boyer, Nicole Calfan, Jean-François Copé, Doriand, Lionel Florence, Julie Gayet, François-Éric Gendron, François Jouffa, Valérie Lemercier, Sandrine Sarroche, Augustin Trapenard et Bernard Werber au cours de ceux de juin.

Sinon, en vrac, on a vu Cyril Moreau (Bestimage) avouer à Tony Frank qu’il avait une de ses photos encadrées chez lui – on a donc modestement immortalisé les deux grands photographes ; on a noté la présentation plus resserrée des musiciens (avec fou rire le dernier soir sur l’anagramme spontané “Jeunot Rensane”), on a apprécié chaque différence, même minime, dans l’interprétation de Véronique : dire que chaque show est différent du précédent sonne peut-être comme un lieu commun, sauf que c’est bel et bien vrai… On a été surpris qu’elle pense avoir “une tête de folle” si tôt dans le timing de l’avant-dernier concert (avant Rien que de l’eau au lieu d’après) ; et enfin on a été hélas rattrapé par le monde du dehors en voyant un type vendre 3 € des affiches non homologuées (Véronique d’un côté, un autre artiste de l’autre – plutôt malin…) sur le boulevard en sortant…

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