Taratata, Lille | 2019

20 septembre 2019
Taratata
Zénith de Lille

Comment résister à une affiche pareille ? Et puis pourquoi d’abord ? Oui.sncf, un billet, vite !
Lille donc, à 1 heure de Paris seulement. Gare du Nord, on croise Pascal Nègre achetant Le Canard Enchaîné. Dans le train, on tombe nez-à-nez avec Michel Jonasz qui prend place tout seul dans un coin du wagon, et répétera son nouveau titre à voix presque haute - on est 10 grand maximum dans le wagon ce jour-là.

Lille-Flandres. Ce coin de la ville est taratatisé : on croise partout des musiciens, des techniciens, et, rentrant de déjeuner avec Isabelle, les 96B (avec la maquilleuse de Véronique, Jocelyne) qui rappellent les horaires : il faudra être dans la place avant 15 heures. On rallie l’hôtel de Véronique. Johnny (ça ne s’invente pas) est le nom de celui qui s’occupe des taxis. Adorable, il explique qu’il reste une place dans l’une des trois voitures, celle de Mehdi et Guillaume. Deal! Le Zénith n’est pourtant pas loin mais il faut transporter les costumes et surtout faire le tour dudit Zénith pour aller se garer en sous-sol. Juste le temps de saluer Rycko (qui accompagne Michel Jonasz) et boire un verre au bar avec un Mehdi très en forme, et hop on file ! L’organisation sur place est tip top, comme on peut s’y attendre. Bracelet au poignet, on franchit la porte marquée Backstage. La loge de Véronique est tout de suite à droite. Les garçons, Souchon et Voulzy, auront moins de chance, qui devront grimper l’escalier. 

© LC

Nagui aperçoit Véronique, vient l’embrasser. Allez, une première série de photos ! Et illico, voilà l’animateur le plus gentil du monde qui vous entraîne dans son bureau, sort son portable et actionne Airdrop sur le votre avant qu’on ait eu le temps de retrouver la manip. Airdrop, ou le plus court moyen de s’échanger des photos… On lui dit qu’on doit avoir quelque part des photos de lui avec Véronique dans les années 90. Ses yeux brillent, OK on promet de les lui envoyer de retour à Paris.

Répétition imminente. Véronique termine son thé au beurre salé (qui horrifie tout le monde, mais qui fait des miracles). Direction le plateau, qui ressemble à une arène. Nagui explique : « On a retiré les sièges de l’orchestre et on en a ajouté là où était la scène. » Résultat, la scène est bien au centre. Et ce soir, les gradins seront remplis jusqu’en haut, pas un strapontin de libre !

Véronique embrasse Alain Souchon qui vient de terminer sa répétition, rejoint le piano pour son duo. La carte jouée n’est pas celle de l’originalité (Vianney pour Drôle de vie), mais de la surprise et de l’exclusivité – Vianney ayant annoncé sa décision de ne plus se montrer pour mieux travailler. Véronique s’inquiète en rigolant de savoir si les deux filles choristes ont bien répété le When I’m home du pont, clin d’œil aux répétions de l’avant-veille. À sa droite, il y a des cuivres. Après le premier essai, elle leur demandera de se lâcher un peu plus sur la fin du titre. Elle ne pourra entendre le résultat que plus tard : dans ses Ears, elle n’a que le piano et les choristes, pas même le violon juste en face d’elle. La deuxième version balance vraiment bien, un des techniciens derrière elle ne peut pas s’empêcher de marquer le tempo et Vianney danse en jeans tee-shirt devant le piano. On enchaîne avec Full Tilt Frog donc. Nagui, à côté du piano, n’en perd pas une miette. Les choristes rerépètent leur When I’m home. Véronique les aide en jouant les 3 notes au piano, et les mêmes descendues dans la suite de la chanson. “On y va s’il vous plait ?”, lance la voix de Marie sur le plateau. Et comment ! Surprise : il y a de l’harmonica au menu et c’est une très bonne idée ! Bien sûr, le choix de la chanson est discutable dans la mesure où ses petits copains ont choisi des golds (comme Michel Jonasz avec La boite de jazz) et vont sûrement cartonner à l’applaudimètre, mais on aime Véronique (aussi) pour cela : elle suit son instinct, a envie de (re)faire connaître certaines chansons (même si celle-ci est en anglais dans une émission qui s’est toujours battue pour la défense de la langue française) plutôt que de sortir une énième version de Vancouver de son piano. En plus, le titre dépote bien et, comme d’habitude, on est scotché par le fait que la deuxième version diffère de la première par ces petites harmonies de voix, ces détails qui font sa marque de fabrique à vie.

Vient le titre piano-solo, Quelques mots d’amour – encore un choix de Véronique. Une chanson qu’elle n’a pas chantée depuis longtemps, qui n’a pas besoin d’explication de texte ni de sous-titre, et qui a toute sa place ce soir parce que, dans un monde idéal, son auteur serait de la fête ce soir… La voix de Véronique résonne dans ce Zénith sans public. L’air chaud peut être fatal, les nuits se passent inanimées : elle imprime sa différence dans les textes, et ça fonctionne très bien. Des techniciens peuvent bien tourner autour du piano, scotcher des câbles, vérifier des branchements, Véronique, imperturbable, est plongée dans un dialogue avec l’au-delà, concentrée sur ses doigts… À la fin de la première répète, elle a un doute… À côté d’elle, un musicien n’ose pas intervenir et puis se décide finalement. Ils trouveront ensemble. 

En quittant le plateau, Véronique croise Rycko, Manu Katché et d’autres sur son chemin. À chaque fois, des étreintes non feintes, des sourires pour de vrai, 2-3 mots pour dire l’essentiel : on est content de se voir.

Retour en loge. Vient enfin un peu de temps pour la concentration, pour les merveilleux mots croisés de Michel Laclos, par exemple. Jonché de ponts en 3 lettres : mai ! Champignons parfois mortels : accélérateurs ! Extinction de voix : abstentionnisme !… Une certaine tournure d’esprit, un goût du double sens et une magnifique façon de tourner le dos au premier degré, voilà qui parle directement à Véronique et lui permet de s’isoler un peu de l’agitation ambiante. Agitation qui reprend très vite lorsqu’on s’aperçoit d’un bruit qui ressemble à celui que fait du vent s’engouffrant précipitamment dans la faible ouverture d’une porte avant qu’elle claque ou – interprétation de Véronique – au miaulement furieux d’un chat avant de se jeter sur vous ! On fait venir quelqu’un, qui va chercher un pompier. Incident clos, sans qu’on sache exactement de quoi il s’agissait d’ailleurs…

© LC

Répétition des titres collégiaux dans dix minutes ! Soyons honnêtes, Celui qui chante n’est pas la meilleure chanson de Michel Berger. D’un point de vue purement mélodique, le refrain n’est pas ce qu’il a écrit de plus original, mais l’entrée ce soir de nos cinq artistes tous ensemble est une idée forte et les voilà qui s’alignent bientôt au milieu du plateau, les yeux rivés sur le prompteur. Nagui les guide “Là, c’est à toi !”. Lors de la première répétition, Véronique est d’un charme désarmant : pas en place (ce qui est rarissime !) lorsqu’il s’agit de reprendre le 2ème couplet. Le fait est là : elle ne connaît pas la structure de la chanson. Très vite bien sûr elle trouve ses marques, mais quittera le plateau avec une idée qui va transformer chaque personne qui passera en paparazzo potentiel : de retour en coulisses, elle propose au club des cinq de se réunir dans une loge avec un musicien pour la rythmique pour continuer la répète et parvenir à quelque chose qui la satisfera un peu plus. Elle se fout de tout, c’est vrai, c’est assumé… mais pas de la musique - qu’on se le dise ! Son excellente initiative prendra forme non pas dans une loge mais sur les canapés des coulisses. Carla Bruni vient juste d’apparaître – c’est le mot. Déjà maquillée et habillée, avec les mensurations d’une Parisienne de Kiraz (pour ceux qui lisaient Jours de France dans les années 1970), il faut se rendre à l’évidence : elle est parfaite. Apercevant Véronique, elle vient l’embrasser, saluant au passage son entourage en se présentant « Bonjour… Carla… » – ce qui est quand même d’une très grande classe, étant donné le peu de chance qu’on la confonde avec qui que ce soit d’autre… Le photographe de l’émission en profite et fait poser Véronique avec Carla et Pierre Souchon, fils de. Chacun va ensuite s’asseoir face au guitariste de l’émission, textes en main, pour une répétition qui restera comme un des meilleurs moments de la journée et fera de Celui qui chante, tel qu’ils le chantent ensemble, l’hymne de ce Taratata. Nagui s’assoit face à eux. Sa femme, juste derrière, filme avec une lumière de dingue et une image parfaite (voir sa vidéo ici) alors que le coin est très mal éclairé et que de mon côté je n’arrive pas à une image correcte… Applaudissements à la fin. Jeux de mains, comme dirait Michel Laclos…

Le deuxième titre collégial a été répété juste avant, un Foule sentimentale archi bienvenu. On a testé la fumée au sol. Magie totale. Ça promet… et encore on n’a évidemment pas utilisé les canons à confettis d’argent…
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Nouveau retour en loge. Le temps du maquillage, du coiffage et de l’essayage costumes est venu. Véronique a le choix entre deux vestes mais l’une a tout de suite sa préférence – et l’avantage de fonctionner parfaitement avec le pantalon à carreau qu’elle porte déjà. La veste, une création Lord SM Paris, lui va parfaitement et pour cause : elle a été faite sur elle ! Le coiffeur est rapide et repartira avec le nom d’un spray dont il ne soupçonnait pas l’existence et surtout l’efficacité. Depuis le temps, Véronique en connaît un rayon sur le maquillage, comme sur le coiffage. Dernière formalité avant de rejoindre le plateau et ses 4 000 personnes qui font déjà entendre leur volonté de s’éclater, le prégénérique sur fond blanc. Une seule prise, et c’est dans la boite ! 

© LC

Dans l’angle hors champ des caméras où ils patientent, les cinq se serrent les coudes, gèrent leur trac comme ils peuvent. Michel Jonasz prend Véronique par les épaules. La vibration qui provient du public est intense, fait décoller le plateau. On vient les chercher pour qu’ils se mettent en place pour leur entrée, longeant les premiers rangs à gauche, passant devant ces hommes en noir qui resteront assis sur leurs chaises pendant près de 3 heures face au public, sécurité oblige. On quitte le plateau à regret, bercé par cette liesse phénoménale, pour suivre l’émission sur le grand écran des coulisses, même si le volume sonore des conversations ne permet pas toujours de tout entendre correctement… On verra d’ailleurs Manu Katché se rapprocher de cet écran lorsque Véronique attaquera Quelques mots d’amour pour être certain de ne rien rater. Quand apparaîtra sur l’écran le visage (peu amène, il est vrai) de la maire de Lille, on entendra quelques ricanements…

Nos cinq artistes restent en plateau pendant près de 3 heures, même mal assis sur des tabourets peu confortables, un peu hauts… Les live s’enchaînent… Alors d’où vient ce sentiment bizarre que… Nagui ne donne que très peu la parole à Véronique ? Elle a – c’est vrai – toujours ce problème de manque de salive. On la suit des yeux, entre Souchon et Voulzy comme à Roland-Garros, tournant la tête un coup à gauche, un coup à droite. Elle aurait pu, elle aussi, raconter depuis combien de temps elle connaît -M-, guitariste sur sa version de Lady Madonna jouée dans l’émission d’un certain… Nagui, si on ne s’abuse. Lorsqu’il la fait enfin parler, c’est pour revenir sur sa relation avec Michel Berger (il faut le dire très présent ce soir avec Celui qui chante, Le paradis blanc et Quelques mots d’amour) et on s’en désole…

 -M- à la guitare sur Lady Madonna dans “Ovations The Beatles”, 11 décembre 1993

Fin du tournage féérique, sous une pluie de petits papiers argentés. Retour en coulisse. Les artistes ont presque tous décampé. La voiture du retour à Paris est prête. Tout le monde est fatigué… sauf Véronique, bien sûr ! Olivier Brossard, dont c’était l'anniversaire ce soir, vient lui faire un coucou, lui dire dans un sourire que son trait d’eye-liner lui a manqué ce soir (Véronique pense que les garçons devraient pouvoir se maquiller comme les filles, et elle le maquillait avant son entrée sur scène avec Titou). Il part bientôt en tournée avec Alain Souchon. 

Dehors il fait encore doux, doux doux doux dehors… Les fidèles parmi les fidèles attendent le passage de Véronique, et ils ne seront pas déçus : sa voiture s’arrêtera… 

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